Claudine Frigant

 

MARCHIENNE

 

Dans cette ville, où tout s'exprime

Je m'imagine un tas d'usines

Entouré d'un ciel rempli de déprime

 

Dans ce ciel meurtri et amer

Où l'on entend le tonnerre

Une pluie qui tombe sous mes yeux

Des enfants qui semblent heureux

 

Des traces de pas écrasées sur le sol

Un enfant qui traîne sa poupée derrière lui

Un papier déchiqueté dans la rigole

Et on apreçoit les nuages qui accueillent la nuit

 

Des murs remplis de couleurs

Des graffitis d'une grande splendeur

Une péniche sur le point de partir

Un bébé qui nous fait un sourire

 

Un chef de gare sur le quai

Le train qui ralentit

Un petit chien aux aguets

Un oiseau tombé du nid

 

Une façade mal entretenue, une vitre brisée

Le reflet du soleil, le long du sentier

Le parfum des premières fleurs

Et un majestueux saule pleureur

 

Des égouts bouchés, un rat affamé

Une note de papier, des cartons empilés

Des rues mal fréquentées

Dans un océan de pauvreté

 

Un bruit de circulation

Dans un moment d'inattention

Un bus mal stationné

Sur une grande chaussée

 

Un vieux pont démoli

Le ciel qui s'assombrit

Le bruissement des feuilles mortes

Un habitant nous ouvre sa porte